Emile Verhaeren
 
 

 

Note biographique

 


Emile Verhaeren est né à Saint Amand, sur les bords de l’Escaut, en Flandre belge, le 21 mai 1855, Etudes chez les jésuites de Gand, avec Georges Rodenbach. Droit à l’université de Louvain.
Il meurt accidentellement en 1916 à Rouen
 

 
 
 

Les heures d'après midi…

Très doucement, plus doucement encore,
Berce ma tête entre tes bras,
Mon front fiévreux, et mes yeux las;
Très doucement, plus doucement encore.
Baise mes lèvres, et dis moi
Ces mots plus doux à chaque aurore,
Quand me les dit ta voix,
Et que tu t'es donnée, et que je t'aime encore.

Le jour surgit, maussade et lourd; la nuit
Fut de gros rêves traversée
La pluie et ses cheveux fouettent notre croisée
Et l'horizon est noir de nuages d'ennui.

Très doucement, plus doucement encore,
Berce ma tête entre tes bras,
Mon front fiévreux et mes yeux las;
C'est toi qui m'es la bonne aurore,
Dont la caresse est dans ta main
Et la lumière en tes paroles douces:
Voici que je renais, sans mal et sans secousse,
Au quotidien travail qui trace, en mon chemin,
Son signe,
Et me fait vivre, avec la volonté
D'être une arme de force et de beauté,
Aux poings d'or d'une vie insigne.


-Emile Verhaeren -

 

 
 

 
 

 

 

Il s’est répandu si gentiment et si naturellement
Dans ma vie, telle de la pâte dans un bol de pâte.
Du miel dans un pot de miel,
Une eau limpide qui coule dans le sable.

Justinne Sydney