Georges Rodenbach

 

Note biographique :


Tournaisien de naissance, Georges Rodenbach (1855-1898) passe une enfance morose à Gand où il s'initie à la poésie des canaux, des beffrois et d'un moyen âge idéal
Après de brillantes études de droit, le dandy Georges Rodenbach s'installe à Bruxelles où, avec Max Waller, il enflamme La Jeune Belgique. La revue d'avant-garde s'est donné pour mission de traquer les "vieilles perruques de la Littérature".
Monté à Paris en 1888, Georges Rodenbach (et Bruges, serait-on tenté de dire) devient célèbre du jour au lendemain
Malade depuis de longues années, Georges Rodenbach trouve encore la force d'écrire Le Carillonneur (1897) que le succès de Bruges-la-Morte continue d'occulter de nos jours. Le soir de Noël 1898, le poète meurt à 43 ans d'une banale appendicite. Le chantre de Bruges est inhumé au Père-Lachaise
 

 

Le Coffret.


Ma mère, pour ses jours de deuil et de souci,

Garde, dans un tiroir secret de sa commode,

Un petit coffre en fer rouillé, de vieille mode,

Et ne me l'a fait voir que deux fois jusqu'ici.


Comme un cercueil, la boîte est funèbre et massive,

Et contient les cheveux de ses parents défunts,

Dans des sachets jaunis aux pénétrants parfums,

Qu'elle vient quelquefois baiser le soir, pensive !


Quand sont mortes nos sœurs blondes, on l'a rouvert

Pour y mettre des pleurs et deux boucles frisées !

Hélas ! nous ne gardions d'elles, chaînes brisées,

Que ces deux anneaux d'or dans ce coffret de fer.


Et toi, puisque ton front vers le tombeau se penche,

O mère, quand viendra l'inévitable jour

Où j'irai dans la boîte enfermer à mon tour

Un peu de tes cheveux..., que la mèche soit blanche !

-Georges Rodenbach-

 

 

 

Plus je te regarde, mon ange, et plus je te trouve digne de mes adorations. Aussi ne fais-je pas des sacrifices pour t'apaiser, mais bien pour t'enflammer. Tu vas sentir toute la nuit l'ardeur de ma dévotion.

-Casanova-