Max  Elskamp

Note biographique

Max Elskamp est né à Anvers, de père flamand mais de mère
Française le 5 mai 1862.
Droit à l’Université libre de Bruxelles.
Séjourne à Paris 1884.
Se passionne pour l’impressionnisme et pour les arts et la pensée orientale
Meurt à Anvers, le 10 décembre 1931.


Dédicace

Voici mon Frère, un peu de sable,
Et puis aussi des grains de riz,
Le grain aux vivants secourables,
Et le sable aux morts de merci,

Et c’est tout ce que je t’apporte,
Des lointains chemins que j’ai faits,
O mon frère, qui m’attendait
En foi, après tant d’heures mortes.

Or du monde pour m’y complaire
Dans les hivers ou les étés,
J’avais cherché jusqu’à la mer,
O mon Frère, ce que j’aimais,

Et rien n’advint de mes désirs,
Et rien non plus de mes souhaits,
Et me voici nu comme on naît
Ou comme on s’étend pour mourir,

Car plus rien n’est de mes palais,
Et de mes larmes ou mes rires,
Et des femmes qui m’attendaient
En souriant même en le pire.

Jardin de mes soifs de jadis,
Passées comme des toiles peintes,
Paroles, musiques, lumières éteintes,

De tout ce qu’on sait, qu’on a su
Dans l’émoi comme dans l’étreinte,
Aux fontaines où l’on a bu
La vie, est faite ainsi qu’elle est,

Il n’est plus rien en mon regret,
Il n’est plus rien en mon souci,
Il n’est plus rien que mes mains jointes,
Pour obtenir jour de merci.

Max Elskamp
(fleurs vertes)
(A mon frère.)
 


 

 
 

 

L’amour n’est pas seulement l’union de deux
Êtres, c’est l’union de deux esprits.

Frédérick W.Roberstson (1816-1855)