André C...

Partons..

 

Partons..Partons...

Ami sors de ton rêve, partons à l’aventure,

La vie a ce matin, un terrible parfum.

Oublie les cimetières, laisse-les aux défunts,

Respire les fruits mûrs, embrasse la nature.



Ô rives séparées, l’autre toujours plus belle,

Ô larges embouchures, ô sommets incertains

Tout ceux que l’on voit poindre le soir dans le lointain,

L'infini horizon, la quête intemporelle.



La soif te mènera au devant du grand fleuve

Où tu viendras t’abattre rassasié par ses eaux.

Tu étendras ton corps brisé sur les roseaux,

Priant tes membres las pour qu’encore ils te meuvent.



Ce lieu est toujours beau au sacre du printemps,

Des nuages légers timidement s’invitent,

Avec l’apaisement le rêve revient vite,

Nul endroit n’est plus apte à retenir le temps.



Sous les cerisiers pourpres ou les jeunes pêchers

Quand les journées de juin sont alors les plus fortes

Émues par la douceur quand au loin tout s’emporte

Tu en oublierais presque les fruits que tu cherchais.



Plus douces sont les flèches au cœur des lieux humides,

Les servantes d’ici seront toujours des fées,

Elles changent en rêves les projets que tu fais

Et seuls peuvent partir tes spermatozoïdes.



Pas de meilleur endroit pour qui voudrait survivre,

Dur de le délaisser mais bien plus de rester,

Il suffit bien souvent de regarder passer,

Est-ce là vagabond ce qu’on appelle vivre.



Mais va ! ne songe pas ici à demeurer,


Aime ce dur présent, tu es parti pour lui,

Oublie ton entourage, seul ton destin te suit,

De bonheur et de rage il te fera pleurer.



Ne tardes pas demain sera un jour de trop,

L’hirondelle nomade t’a déjà initié,

L’eau que tu cherches est proche, insatiable sourcier,

La vie est en chemin, sortie de l'in vitro.



Mais ce matin l’ami, ça ne brille pas fort,

Et ne sont découverts ni les monts ni les cimes,

Le ciel est à l’étroit, les projets que nous fîmes

Vont-il rester debout ou sont-ils déjà morts.



*

Je pars avec toi vers le couchant, la lumière,

Découvrir les plaines sous le vent mais sans ailes,

Marcher léger comme un feu follet, étincelles,

Gravir enfin ces terres inconnues, si claires.

André Cayrel

(poème interdit de reproduction)
 

 

 

La poésie a ce privilège qu'on peut en boire jusqu'à l'ivresse,
et ce que cette ivresse guérit de toutes les autres

Fortunat Strowsky.

 

 

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