Joseph..

Solitude...

 

Solitude


Vide Seigneur je suis, vide de solitude
Et mon âme et mon corps emplis de platitude.
Tout est néant autour et ne m’est que dégoût.
De Toi aussi Seigneur, je n’ai guère le goût !
Ce matin le journal de mauvaises nouvelles
A déverser son lot. Et la vie est cruelle.
Course après le bonheur qui devant moi s’enfuit.
Espoirs toujours déçus, les jours tâchés de nuit.
Mon âme déprimée se recueille et s’inquiète
Se cherche des raisons d’une impossible quête
Et se retrouve seule parmi la multitude
Et qui n’est elle aussi qu’un flot de solitude.
Tu as voulu Seigneur que l’homme ne fut seul
Mais l’homme se tissa l’épaisseur d’un linceul.
Moi je suis moi et l’homme reste l’homme
L’humanité s’agite et grouille de fantômes
A chacun son plaisir, un plaisir de chagrin
Cherchant toujours en vain ne trouvant jamais rien.
Une journée commence. Déjà faire l’effort
De sortir de sa couche comme un tombeau le mort.
Mais le vivant ne vit que l’agonie mortelle
D’un travail obligé ou de pensées rebelles,
Travaux inachevés, des désirs qui sont tout
Et pourtant ne sont plus, le désespoir au bout,
Insipides dégoûts et larmes en cachette !
La télé que l’on taie et le livre qu’on jette.
La conscience troublée de n’être pardonné
Mon Dieu, mon Dieu pourquoi m’avoir abandonné ?

<<Il y a deux milles ans, sur un lieu de supplice
Un Dieu qui s’est fait homme, face à son sacrifice
Poussa le même cri, comme un cri de damné
Mais je ne suis pas dieu pour être abandonné ! >>


J Bois soulier

04 01 2003

 

 

Seigneur, je ne suis pas digne... pas digne de ce que je dois entreprendre et qui doit l’être en votre honneur. Je n’en suis pas digne, car j’ai peu de choses à Vous offrir. Mon âme est faible et mes talents infimes. Il n’est que ma bonne volonté dont je sois sûr et qui n’est rien – sinon pour Vous qui êtes miséricordieux – rien pour l’oeuvre qui est exigeante et dont je sais que sans votre secours je ne serais pas digne.
 

Cette prière, composée par un peintre qui a voulu garder l’anonymat, a paru dans Les plus belles prières, Amiot-Dumont, 1953.
 

 


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