

Femme
Tendre et féconde, enivrante azalée
Dont la corolle, ouverte vers le ciel,
Verse l'amour comme un rayon de miel
Et le parfum d'une nuit étoilée.
Un rien de soie habille ses pétales.
C'est presque rien, un semblant de tissu
Qui sur ses seins, sans un geste aperçus,
Transforme un homme en servile vestale.
Ses dents de nacre croquent les coeurs perdus,
A corps perdus, tombés comme des mouches,
Dès que leurs lèvres ont effleuré sa bouche.
A Saint Jean d'Acre, combattants éperdus,
Vous êtes morts au nom de votre foi...
Pour Jeanne d'Arc, l'audacieuse pucelle,
Vous donneriez gaiement votre prunelle
Et vos enfants, et vos vies et vos lois...
Mais pour la fleur qui pousse sur vos routes
Vous offririez plus que l'or du Pérou,
Vous passeriez cent ans sous les verrous
Sans regretter, sans effleurer le doute.
Lorsque le jour s'invente diamantaire,
Que la rosée devient joyau précieux,
Même à Anvers, où ailleurs sous les cieux,
Il n'y a pas plus brillant sur la terre
Que le diamant qui coule dans vos yeux.
Les cheveux noirs qui fouettent votre échine
Sont les roseaux des estampes de Chine
Et les oiseaux des mondes merveilleux
Qui s'ouvrent au soir à la proue des voiliers.
Que j'aime voir, quand tombe la rosée,
Fleurir le lit de votre âme arrosée
Et m'y coucher comme le cavalier
Vide et lassé d'une journée de chasse.
J'aime embrasser la vierge nudité
De votre cou. Avec avidité
Je viens goûter l'élégante menace.
Sans y penser, j'ai mordu dans la pomme,
Comme les autres. J'ai posé mes deux mains
Contre vos reins : je ne regrette rien.
Je sais : "la femme est l'avenir de l'homme !"
Amadeus (poète disparu)
(interdiction de reproduire)
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Ah ! cher amour,
chère passion qui m'emporte, les routes sont grandes ouvertes où fleurissent
les baisers qui orneront nos tombes. J'ai voyagé sur ton souffle jusqu'aux
lointains de l'amour.
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